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Interview Christophe Bernard, Directeur Marketing et Communication

Bonjour à tous. J’espère que vous allez bien. Comme moi, vous êtes impatients de passer à 2021 ? :) Patience, c’est pour bientôt !

Je reviens aujourd’hui avec la 4è interview de la mini série d’interviews de “seniors” digitalo-compatibles ! C’est Christophe Bernard qui continue la danse..

L’origine de cette série d’interviews ? Un sympathique échange avec Yann Lemort, consultant et formateur SEO, après mon article sur comment apprendre le SEO. D’après Yann, les seniors et le seo sont une équipe qui gagne ! Il vous explique tout dans son article sur le blog.

L’objectif de cette mini série ? Vous faire découvrir à travers des parcours, des expériences et des témoignages riches, que le digital n’est pas accessible uniquement aux générations 2.0 et qu’une reconversion professionnelle n’est pas insurmontable malgré une image de pénibilité, bien au contraire.

Et voici aujourd’hui la 4ème interview. Après Valéry Hapiot, CEO BOTTLA, agence de Search Marketing, Pierre Barbez, entrepreneur et co-fondateur de “La Green Session” et  Muriel Griveaud, responsable SEO chez Afflelou, j’accueille sur le blog Christophe Bernard, manager marketing et e-commerce. Je vous laisse découvrir son interview passionnante et remplie de sagesse. Belle lecture !

Comment avez vous découvert le SEO ?

Pendant une vingtaine d’année j’ai produit et réalisé des vidéos et des photos pour la télévision, des grands comptes et des ETI. J’ai vécu de magnifiques expériences de création de contenu pour le prime time de TF1 et de France 2, ainsi que pour General Electric et le Centre des Monuments Nationaux. En 2015, un de mes clients pour lequel je réalisais des films m’a proposé de prendre le poste de Directeur Marketing et Communication de son entreprise. Lors de cette prise de fonction en 2015 j’avais un bon niveau en marketing mais j’étais un pur novice en digital.

Mon président directeur général me demandait en priorité de me pencher sur le berceau du site web pour booster le nombre de leads : le ROI était en berne. Pour redresser la barre je devais superviser le travail d’une agence web déjà en place : un développeur, une community manager et un spécialiste SEO.

Mon premier réflexe a été de demander au SEO de l’agence de me raconter son métier. Il s’agissait de Remi Morin. Et là s’est produit un déclic : ce SEO passionné et passionnant venait de me faire découvrir tout le potentiel du levier SEO. En travaillant avec lui au fil du temps j’ai découvert un vaste terrain de jeu technique, sémantique et ultra ludique. Une vraie découverte intellectuelle, celle d’un « wargame » multidimensionnel ou l’arme fatale est la création de contenus pertinents.

Racontez-nous les difficultés engendrées par la découverte du digital

La difficulté première consistait à comprendre les mots employés par mon SEO ! Backlink, contenu optimisé, architecture en silo, cocon sémantique, sans parler des KPI… Le vertige total, des concepts et des mots techniques à foison, et de quoi se perdre. J’ai donc lu des tonnes d’articles sur le web pour comprendre. Mais on lit parfois des articles contradictoires : j’ai eu la chance d’avoir “mon SEO” comme référent pour y voir clair quand j’étais perdu.

Quelles étaient vos connaissances en SEO avant les cours ?

J’avais toutes les notions de base en niveau intermédiaire, j’étais une sorte de Padawan « éclairé » sauf en technique pure.

Sur le premier site de mon employeur j’avais en effet travaillé à l’optimisation sémantique des 250 pages de contenus après l’analyse des buyer personae, des intentions de recherche et des mots clefs pertinents.

Sur le deuxième site de mon employeur il s’agissait de tout créer : le design, l’architecture et tout le contenu. J’ai donc pu élargir mes connaissances en matière d’architecture en étant coaché par mon SEO. Je voulais absolument que ce site soit une flèche, j’ai été le plus loin possible dans une logique de cocon sémantique « école Bourelly ».

Qu’est-ce qui vous a plu dans le SEO ?

  • Son aspect ludique quand on enquête pour trouver les « coupables »,
  • Sa facette artistique quand on pilote des prestataires ou quand on crée soi-même du contenu.
  • Un job ou l’on peut montrer concrètement ce que l’on apporte comme business à une entreprise. C’est gratifiant!
  • L’importance d’un contenu qualitatif ! J’avais la chance de par mon passé “pré-digital” de savoir un peu écrire, de faire des photos qui vont vendre et de créer des vidéos suffisamment attractives pour qu’elles soient regardées jusqu’au bout. Du coup j’alliais mes passions précédentes à ma nouvelle passion pour le digital.

Qu’est-ce qui vous a moins plu dans le SEO ?

En fait pas grand chose, même le côté technique pur peut être apprivoisé… Le plus dur c’est de réussir à expliquer l’intérêt du SEO à moyen terme : défendre des besoins budgétaires n’est pas chose aisée. Quand un entrepreneur vous demande combien de leads vous allez générer l’année N+1 en achetant tel ou tel nombre de backlinks l’année N, ce n’est pas aisé de répondre…

Comment continuez-vous à suivre les évolutions de la discipline ?

En fait j’ai choisi à l’issu de ma dernière activité professionnelle de revenir à « l’école » pour combler certaines lacunes et pour découvrir les sujets que je ne connais pas afin de disposer des compétences les plus larges possible en digital.

Mon cursus me permet identifier peu à peu des référents dans tous les compartiments du digital et de me rapprocher d’eux. Cette communauté sera une parfaite source de veille.

Et sinon je m’efforce de faire comme tout le monde je crois : lire et assister à des conférences et à des webinaires.

Que conseillez-vous aux nombreux seniors qui veulent se former au digital et plus particulièrement au SEO ?

Je pense qu’il y a en la matière, comme d’ailleurs dans tous les domaines professionnels, deux ressources qu’il faut combiner :

  • Celle du terrain : apprendre par soi-même, lire les bons ouvrages, identifier les référents, lire leurs articles, assister à leurs webinaires, créer des sites pour faire du testing…
  • Celle des écoles. A mes yeux la voie la plus facile c’est de suivre une formation comme celle du MBAMCI de l’Institut Léonard de Vinci. Une formation opérationnelle avec une immersion totale dans le digital. Le digital est un tout morcelé en beaucoup de compétences distinctes. Il faut les approcher toutes, même celle qui à priori ne nous motivent pas, afin d’embrasser le digital dans toute sa richesse.

Quelles sont les qualités indispensables à avoir pour être un bon consultant SEO ?

L’honnêteté du White Hat, la rigueur, la curiosité intellectuelle, la créativité dans les recommandations stratégiques, la conviction et surtout la capacité à être ouvert à toutes les nouveautés.

Le SEO doit aussi être un très bon veilleur. Ce métier est protéiforme, on annonce régulièrement sa mort mais il renait toujours de ses « cendres ».  Il est en perpétuelle évolution du fait de l’arrivée régulière de nouveaux algorithmes Google, et des innovations technologiques, quasi quotidiennes, dans le domaine du digital.

Finalement, avec du recul, vous reconvertir professionnellement a-t-il été bénéfique à votre bien-être/accomplissement personnel/professionnel ?

Oui de façon certaine, car mes expériences professionnelles ont été pour le moment des expériences réussies : mes équipes, mes collègues et mes boss ont satisfait mon besoin d’estime et de reconnaissance. Et puis il y a aussi de la joie, celle de voir au fil du temps le trafic naturel de votre site internet qui monte, qui monte, qui monte…

Comment le SEO a-t-il changé votre vie ? Avez-vous trouvé votre voie ?

Étant un éternel insatisfait je ne dirais pas que j’ai trouvé ma voie. Cependant j’entrevoie une manière idéale de travailler qui serait pour moi un vrai accomplissement. Un poste ou je pourrais auditer ou créer des sites de toutes pièces puis superviser ou créer moi-même l’intégralité du contenu : texte, audio, photo, film, chatbot… Cette cohésion entre les recommandations SEO et leur mise en œuvre est à mes yeux un atout redoutable pour faire d’un e-business une réussite. Je vous dirais dans quelques années si j’ai trouvé un nouvel employeur me permettant d’accomplir ce rêve.

Comment réussir sa reconversion professionnelle ?

Réussir sa reconversion demande avant tout de savoir qui on est car l’essentiel au travail c’est de faire ce que l’on aime faire. A partir du moment ou cela est bien posé mentalement et que le métier que vous visez ne nuit pas à votre biotope familial et amical vous avez gagné !

Comment mieux sensibiliser les entreprises aux enjeux du SEO ?

La conviction et le langage sont importants : être convaincu de ce que l’on dit est la meilleure façon d’être écouté et peut être d’être entendu. Notre jargon n’est pas « sexy », il faut savoir expliquer ce que l’on fait dans des termes compréhensibles de tous (1). C’est d’ailleurs un enjeu majeur lorsque l’on restitue un reporting annuel pour défendre son budget SEO…

Être clair sur la place et donc le rôle du SEO au regard d’autres leviers d’acquisition comme le SEA et le SMO. Il faut savoir parler de temporalité. Ces canaux d’acquisition sont complémentaires pour générer des leads. Il faut faire comprendre que le temps du SEO est un temps long et comparer au fil du temps les ROI par canaux.

(1) Une phrase entendue dans la bouche d’un patron d’agence digitale: “Donnez-moi le budget pour poser deux backlinks par mois sur des sites « GoogleFriendly » dans votre thématique produit. Je veillerai à la variété de vos ancres et à pointer au bon endroit. Il faudra le faire lorsque l’optim sémantique de vos contenus sera bouclée et que vos url seront nettoyées et le site bien maillé. Le jus circulera mieux, vous allez gagner en transfo ». En face de lui le Président Directeur Général de l’Entreprise, novice total en digital, était bouche bée.

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2 réflexions au sujet de « Interview Christophe Bernard, Directeur Marketing et Communication »

  1. Bravo! Cet article était une bouffée d’air frais et tellement pertinent à notre époque, lorsque les gens commencent une nouvelle carrière à tout âge! Je suis également en transition et c’est à la fois effrayant et stimulant!

  2. Merci pour ce commentaire Maria. Je suis en phase avec toi à 100% : “effrayant et stimulant”.

    C’est vrai que le #MêmePasPeur prend tout son sens quand on est dans une logique de reconversion “totale”. De mon côté j’avais déjà de bonnes connaissances en digital pour générer du business et de bonnes performances chez l’annonceur. Cela m’a beaucoup aidé quand j’ai du faire le choix de suivre (ou pas) le cursus du MBAMCI pour passer à une vision à 360° de tous les leviers d’acquisition du marketing digital.

    Mais le “spectre” du marketing digital est large, immense même, et en perpétuelle évolution… J’ai parfois moi aussi ce sentiment de vertige face à la profusion des compétences qu’il faut acquérir et entretenir par une veille permanente et rigoureuse. Du coup je trouve aussi que le #MêmePasPeur a tout son sens aussi en dehors d’un parcours de reconversion “totale” ! Tu conviendras comme moi que le programme de notre MBA et son caractère opérationnel nous demande de puiser bien loin dans nos ressources intellectuelles et notre agilité.

    A l’opposé, je trouve que l’écosystème du digital est super stimulant et structurant. Nous avons en France une grande chance. Nous disposons de ressources fabuleuses pour être au top : le SEO Camp, des spécialistes ouverts à la transmission du savoir, des experts développant des outils et des savoirs faire reconnus internationalement, et de beaux blogs d’échange et de partage de savoir. Nous avons à portée de main une foule de ressources qui nous permettent de performer dans nos métiers en ayant une belle culture générale en digital. Cette accessibilité au savoir est loin d’être la même dans tous les secteurs d’activité en France…

    La dernière chose qui me semble importante c’est aussi de prendre conscience du périmètre digital que nous voulons occuper. Je “rigole” souvent quand je découvre des profils Linkedin affichant le mot expert associé à une foule de compétences. Il est impossible d’être un expert digital “large spectre”, en tout cas rare sont ceux qui peuvent prétendre l’être.

    Nous devons juste être expert dans le domaine que nous aimons le plus tout en ayant une vision à 360° en data, search, display, mobile, social, content et performance. C’est indispensable en entreprise pour bien communiquer avec tous les responsables digitaux et pour performer. J’hallucine d’ailleurs quand je vois à quelle vitesse sont intégrés les nouveaux métiers dans le digital chez les annonceurs. Cette segmentation du travail quand elle est bien mise en oeuvre en entreprise est un levier de croissance phénoménal.

    Dès que nous intégrerons ou animerons une équipe digitale le “vertige du digital” disparaîtra. La problématique du #MêmePasPeur aussi, nous serons focus sur le bon fonctionnement en équipe et la performance. Notre profil sénior est un atout majeur en la matière.

    Alors vive nos deux moteurs que sont le #SeniorDigitalPower et le #MêmePasPeur !

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