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Seniors et SEO : une équipe qui gagne !

Article invité rédigé avec amour par Yann Lemort, consultant et formateur SEO.

Ce petit article est né d’un sympathique échange avec Alexandra à la suite de la publication, fort judicieuse et de grande qualité, de cet état des lieux de la formation SEO.

Après l’avoir diffusé auprès de mon réseau (qui m’interpelle souvent, autour de la même problématique « comment continuer à se former en SEO avec ou sans Covid ») et avoir observé qu’il manquait nombres d’écoles (mais Alexandra n’est pas Studyrama, elle ne peut tout connaitre 😉, c’est normal) dans la liste, j’ai bondi à la lecture de la phrase suivante :

« Back to school les amis. :)  Après, c’est quand même compliqué de retourner à l’école surtout si vous avez un certain âge et que vous êtes déjà en poste. »

Argh !

Quadra finissant, qui tente modestement de transmettre les bases du SEO aux entreprises et étudiants depuis 2006, j’ai dû intervenir dans une trentaine d’écoles (du Greta à l’ESSEC, de Charleroi à Bordeaux…) dont toutes ne méritent pas d’être citées mais c’est pas le sujet de l’article. 😊

Surtout, dans les 7 400 personnes que j’ai eu en face de moi ou par vidéos et bientôt Mooc, il y avait de très nombreux seniors en entreprise mais aussi dans les écoles diverses et ce, dès le début.

Ah oui, comment je définis un « senior » ?

Dans le cadre estudiantin, un senior est un persona qui reprend ses études après quelques années de labeur et qui vient d’univers très différents, même parfois improbables, (d’infirmier à consultant SAP, en passant par chanteuse de rap, chauffeur de taxi ou militaire) pour se former plus largement au « Digital ».

Donc, tous sont loin de l’âge de l’EHPAD (en plus, c’est pas le moment) et même de plus en plus jeunes ces 5 dernières années. La moyenne d’âge est généralement autour de 40 ans même si j’ai eu la chance d’avoir face à moi de brillants jeunes seniors hypermotivés et motivants (Sébastien Blériot ou Guillaume Mariani) dont je vous conseille vivement les sites, emplis de bons conseils et interventions.

Des sections FT et PT pour trouver un équilibre

Selon les écoles, il peut exister des sections dites « Full Time » (FT) ou les étudiants passent une année complète ensemble (seniors/juniors) et/ou « Part Time » (PT) ou ils se retrouvent une semaine par mois après 3 semaines de boulot durant 12 ou 18 mois. C’est un peu comme des alternants mais en moins bruyants et beaucoup plus ponctuels, motivés et lettrés.

Au fil des années, le SEO peut parfois devenir une matière importante en terme d’heures selon la qualité de l’équipe pédagogique et de l’école et cohabite avec les disciplines plus conjoncturelles qui apparaissent ou disparaissent depuis 2010 (Réseaux sociaux, IA, méthode Agile, Prince 2…) au gré de l’évolution du secteur. Donc en 30h, c’est plus facile qu’en 8h de faire autre chose que du survol.

Des seniors avec un background conséquent en marketing

De nombreux seniors arrivent (enfin reviennent) dans les écoles avec un background conséquent en marketing 1.0 ou communication (et, parfois, des salaires de footballeurs) et plus largement une vie riche et diversifiée.

D’autres, par période, débarquent en force, à la suite de licenciements brutaux et massifs de grands comptes dans, par ex, la grande distribution ou les telecoms et bientôt les banques. Ultra-majoritairement, ils n’ont que peu ou pas de bases techniques et même si certains géraient des sites (de loin ou de haut) ils avaient trop rarement (où à leurs dépends) idée de la complexité ou de la transversalité du SEO (le boulot en silo, comme on dit, avec le market’ au 8 étage et la DSI au sous-sol est encore la norme dans bien des entreprises, même (surtout ?) celles que l’on voit à la télé).

Généralement j’interviens assez rapidement dans les écoles, après les premiers cours de vulgarisation (sur la « transfo digitale » ou les « zinfluenseurs ») et ce genre de tapas prisé à l’happy-hour ou par les experts divers qui tapissent les réseaux sociaux.

Les premières heures peuvent être assez violentes ou déroutantes, au-delà d’écouter un mec qui gesticule avec des chats sur ses slides (Mon gros Léo et sa sister, bien connus dans le microcosme) pendant 8H.

Après quelques chiffres (47% des étudiants en face de moi juniors-seniors m’affirment que « Firefox ou Chrome sont des moteurs de recherche », on part de loin) et exemples sur la position quasi monopolistique de GG (même en Corée du Nord), je plonge dans les arcades des fichiers robots.txt et autres JS trop lourds.

Là c’est souvent la panique, renforcée par des tests divers genre pagespeed sur les sites de leurs (ex)-employeurs qui parfois déclenchent l’hilarité générale (« Toi aussi, tu as 3/100 en mobile ? »), ou la haine et le dépit face à une agence foireuse («T’as payé 50 000 euros pour une refonte mais le site n’est pas responsive » et plein de JS de 3mo ou des images en BMP de 17mo…) ou une DSI drapée dans ses microsofteries (« On a autre chose à faire que de s’occuper de Google !» (la liste est longue et tout est, hélas, vrai).

Expliquer le principe d’une (boucle de) redirection peut être long tout comme l’importance d’une page d’erreur. Mais nous avons la chance de disposer de plusieurs petits outils gratuits et pratiques (merci encore à ceux qui les ont créés) et rapidement, je vois des navigateurs se tuner comme des mobylettes du 77 et aptes à expliciter par l’exemple ce que beaucoup prenaient pour du Cthonien quelques minutes auparavant. Ça aide beaucoup pour comprendre et c’est tant mieux. Former sur l’angoisse kierkegardienne, ça doit être moins facile 😉.

Et face à de nombreuses questions emplies de bon sens suite aux tests effectués ensemble, je ne peux que répondre trop souvent « il fallait bien lire le contrat avant de le signer » et/ou « Il fallait te faire accompagner par un SEO en amont du projet et pas attendre d’avoir claqué des fortunes en SEA ». La routine, hélas, et ça change (vraiment) pas depuis 10 piges.

On avance donc, peu à peu, et bien souvent face à une bière post-intervention, j’apprends beaucoup sur la légèreté de certains prestataires ou leur manque complet d’éthique (sans blague). Je reste très basique au niveau technique de par mon trop faible niveau (forcément, je ne sais pas pondre de l’Angular ou du PHP, loin de là) mais déjà là, Magento (sur un serveur mutualisé, trop souvent) ou Shopify (voire Wix, si si) font réfléchir au niveau coût, implémentation et ROI. Les seniors ont l’habitude de manier chiffres et budget et je sais qu’à ce niveau on la leur mettra plus à l’envers. C’est déjà ça. 😊

Des notions de technique, contenu et popularité

Les quelques notions de contenu que je déroule ensuite, bien aidé par les sites/ouvrages d’Isabelle Canivet et Jean-Marc Hardy et ceux de Alexandra notre Miss et Eve Demange, sont ensuite plus digestes. C’est plus concret et l’analyse de quelques titles ou descriptions (dupliquées 1 000 fois sur le même site) et de mega menus rapidement font prendre en compte que c’est un métier à temps plein et que l’on ne doit pas laisser cela uniquement aux stagiaires pas chers qui fuient Antidot (ou le Bescherelle) comme le Nécronomicon.

L’expérience produit du senior et sa connaissance du marché alliées aux outils de recherche de mots-clés peuvent redoutablement bonifier un contenu ou structurer une stratégie. Là certains d’entre eux, parfois, tri ou quadrilingues sont parfaitement aptes à retourner un contenu corporate bateau et le transformer en piège à bots de Moutainview all over the word. Ça rigole pas.

Hommage, par exemple, aux brillants seniors russes que j’ai pu croiser, c’est des machines de guerre, des JS III devant la porte de Posdam en modèle web, modestes, méticuleux et en test and learn nativement. Yahoo, comme dirait un vieux du XXeme siècle.

La partie « netlinking » fait souvent prendre conscience que les RS ne suffisent pas (« mais pourtant untel expert m’avait dit… ») et que c’est de la dentelle chronophage et permanente. Parfois, dans certaines écoles, un brillant (et intelligible) Black hat passe après moi pour renforcer cette partie et faire découvrir the darkside of SEO, ce qui est un plus extraordinaire au niveau apprentissage et réflexion. Merci aux responsables pédagogiques d’offrir aussi cela à leurs étudiants.

Vous allez me dire, une fois cette vingtaine ou trentaine d’heures généralement conviviales et interactives (crevantes des fois, mais c’est pour une bonne cause) et quelques suppléments d’échanges autour de planches mixtes et bières locales ipanées aux soirées alumni, les seniors sont encore loin d’être des SEO et c’est normal (Aurélien Bardon l’explique très bien dans cet article que je vous conseille plus que jamais).

Mais beaucoup ont pris des réflexes qui valorisent leur labeur tant au boulot que parfois chez eux (une responsable de communication grand compte quinqua m’a indiqué récemment avec fierté avoir expliqué et démontré à ses ados comme bien vérifier si un site était vraiment en https et depuis ça rigole plus chez elle 😉). Et bien souvent, ils veulent aller (beaucoup) plus loin, test and learn, again and again…

Un audit SEO pour tester les acquis

Dans les écoles où je dois les évaluer, c’est très simple, fuyant les QCM, je donne le même labeur depuis mi-2000, à savoir auditer le SEO d’un vrai site web, en ligne et tout, comme dans la vraie vie digitale.

J’ai compilé, à cet effet, une belle collection de bouses diverses dans bien des secteurs d’activité (des mutuelles au luxe en passant par le vin ou l’équitation), marchands ou non-marchands sur lesquels ils peuvent s’exercer à foison le jour et bien souvent la nuit pour les passionnés. « C’est super long un audit SEO en fait !!! » Ben ouais, et c’est pour ça que ça coûte cher, pardi !

Je reçois en retour des travaux, déjà ; supers jolis et bien rédigés, parfois de plusieurs centaines de pages avec des propositions très qualitatives de stratégie de contenu, de netlinking issus de mix d’outils et de neurones. Le senior ne croit pas qu’à Semrush et sait proposer sans paraphraser et en hiérarchisant contraintes et budget (son taf, en fait).

Le senior possède aussi la science du bench et sait parfaitement observer la concurrence et en tirer la substantifique moelle pour optimiser son propre projet et si le site choisi pour l’audit entre dans sa propre expertise métier, il m’offre en retour des états des lieux qui peuvent véritablement devenir des livres blancs de l’état de l’art du truc à l’instant T (on en trouve sur Slideshare qui sont tops).
Bref, que du bonheur 😊.

Beaucoup de SEO (moi, humblement le premier, avec mon M1 d’histoire et mon L3 de ciné) sont des autodidactes purs et la volonté d’apprendre et de comprendre pour rebondir ou évoluer sont les piliers du senior de retour à l’école.

Ce dernier ne vient pas pour rien, tant pour les investissements financiers et humains faits en amont et pendant la formation. Le bon sens et l’expérience qui les animent ne peuvent que s’accomplir dans une discipline riche, ingrate et évolutive comme le référencement naturel. Une fois passée la peur de la « technique » et/ou d’être trop vieux pour comprendre les trucs du web non tiktokiens, ça cartonne vraiment (voir les ITW d’Alexandra). Le senior, par ailleurs, maîtrise bien les chiffres qu’ils soient analytics ou dans les budgets et leur utilité (nécessité) dans les projets web au global.

Alors, les seniors et le SEO sont-ils compatibles ?

Donc oui, les seniors et le SEO sont digitalo-compatibles !!!

L’âge n’est en aucun cas un frein à l’apprentissage et à la compréhension du digital en général et du référencement naturel en particulier, loin s’en faut.

Il existe de nombreuses formations de qualité que Alexandra a indiqué et bien d’autres et même s’il vaut mieux commencer par les bases que par Paul Sanchez ou les frères Peyronnet 😉 rien n’empêche d’aller ensuite se perfectionner chez eux (un jour lorsque l’Ursaaf et la Covid me le permettront, je le ferai aussi, j’en rêve depuis longtemps).

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Seniors et SEO : une équipe qui gagne !, 4.2 out of 5 based on 6 ratings

2 réflexions au sujet de « Seniors et SEO : une équipe qui gagne ! »

  1. Bonjour,
    Différentes études récentes soulignent l’adhésion grandissante des séniors au numérique. Dans un contexte de vieillissement de la population, les technologies numériques ont un rôle à jouer pour contribuer au mieux-vieillir. Les Digital séniors sont également un gisement de croissance pour les entreprises.
    Merci pour votre article.

  2. Ah j’suis toujours un peu embêté avec ces notions de jeunes/vieux ! Comme chacun sait, je fais parti intégrante du 2e clan ;)
    Alors, oui, les vieux (appelons un chat un chat) peuvent faire du SEO mais désolé pas tout le SEO ! Je m’explique ! Oui, pour le référencement des pages Internet… Non, pour certains réseaux et médias sociaux !
    Un jour, il faudra bien que les vieux soient honnête avec eux mêmes ! Désolé mais même si je suis souvent considéré comme un expert des réseaux sociaux, je peux vous dire que je suis de plus en plus souvent largué par l’usage et les techniques de référencement des “nouveaux” outils… 
    Oui, je sais encore utiliser plus ou moins bien Pinterest, Insta, Tik Tok pour ne citer qu’eux comme un utilisateur lambda mais je suis un peu dépassé côté utilisation de et pour le référencement ! Je l’avoue sans complexe (facile à la maison avec mon influenceuse Pinterest par exemple) je me renseigne auprès de la génération Z… qui sont des utilisateurs “avertits” de ces outils !
    Bref, faire du SEO lorsque l’on est senior oui, mais pas tout le SEO !

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