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Interview Ferréole, consultante éditoriale

Ferreole Lespinasse

Ferréole Lespinasse est une consultante éditoriale renommée, reconnue pour son approche novatrice de la sobriété éditoriale. Son expertise dans le domaine lui a valu une réputation solide en tant que référence incontournable pour ceux qui cherchent à créer un contenu clair, concis et impactant. Passionnée par l’art de la rédaction épurée, Ferréole guide les professionnels du marketing digital vers une approche éditoriale plus sobre, mettant l’accent sur la pertinence et la qualité du message. Sa philosophie repose sur la conviction que moins de mots peuvent souvent apporter plus de valeur, permettant aux marques de communiquer de manière percutante avec leur public cible.

Découvrez dans l’interview du jour un aperçu fascinant de l’approche métier de Ferréole. L’interview met également en lumière son engagement envers la clarté et la concision dans le contenu, en mettant de côté les discours superflus et en se concentrant sur l’essentiel. Ferréole partage des conseils pratiques et des stratégies pour créer un contenu épuré et puissant qui résonne avec l’audience. L’article met également en avant sa vision sur l’importance de la sobriété éditoriale dans un monde saturé d’informations, et comment cette approche peut aider les marques à se démarquer et à avoir un impact significatif. Pour tous ceux qui cherchent à affiner leur style rédactionnel et à communiquer efficacement avec leur public, cette entrevue est une source d’inspiration inestimable.

Qui est Ferréole ? Raconte-nous un peu ton parcours professionnel

Depuis environ 15 ans, j’accompagne les entreprises, entrepreneurs et institutions en rédaction de contenus. J’interviens notamment lors de la refonte éditoriale de site internet pour rédiger des rubriques en adéquation avec les valeurs de l’entreprise, en rédaction de contenus et en formation.

Ma spécificité : clarifier l’expertise et les savoir-faire ainsi que les textes administratifs, juridiques ou techniques.

L’approche que je porte : la sobriété éditoriale pour alléger la charge mentale de l’internaute, la charge de travail du communicant et l’empreinte numérique du web.

L’approche par la sobriété éditoriale permet de rester audible dans un paysage saturé d’informations.

Cette approche amène de la valeur aux métiers du client : elle fait gagner en maturité sur les contenus et donc en efficacité.

En pratique, j’accompagne

J’anime également des formations : écrire pour le web, rédiger en langage clair et la sobriété éditoriale en pratique.

Assez passionnée par le sujet, je tiens un blog depuis 2013. J’ai également publié un livre en mai 2022 : Sobriété éditoriale : 50 bonnes pratiques pour écoconcevoir vos contenus web.

Comment es-tu tombée dans cette passion pour le web et plus précisément pour la rédaction web ?

Passion pour la rédaction web

Je me suis spécialisée en rédaction web en 2009. Très vite, j’ai senti qu’il était important d’apporter à la rédaction une vision d’ensemble pour donner à la fois de la puissance au discours et de l’envergure à la communication. Une manière également pour moi de rester toujours en alerte pour faire évoluer ma pratique.

À cette époque, je me suis auto-formée en rédaction web en m’appuyant sur les sources disponibles. Il y en avait très peu à l’époque. Le sujet était balbutiant.

J’ai construit ainsi parmi les premières formations sur le sujet. Voici ce qui a motivé l’ouverture de mon blog : partager des éléments structurants sur le métier.

Mon point de vue : 

Les postes de communication impliquent de traiter des gros volumes d’informations et d’effectuer de nombreuses tâches dans un temps limité. Ils augmentent de manière exponentielle avec la multiplication des réseaux sociaux. Dans l’ensemble de mes écrits, je propose un temps de recul, une prise de hauteur sur la rédaction et le cheminement éditorial. Pour garder toujours un sens dans le métier de rédacteur.

Dis-nous-en plus sur la sobriété éditoriale

Effectivement et tu m’as déjà donné la parole sur le sujet, c’est le cœur de mon approche métier.

Aujourd’hui, il y une démesure avec la communication : elle prend beaucoup trop de place au détriment même du métier de l’entreprise. Alors que la communication est au service du métier. Et non l’inverse. Tous les yeux sont rivés sur le nombre de likes. Cette injonction à nourrir des algorithmes est-elle réellement efficace ? Quel est l’impact réel sur le client ?

Quand on sait que 90% des pages présentes sur le web n’ont aucun trafic, on peut s’interroger sur l’intérêt de cette publication à gogo et de cette dépense d’énergie.

D’autant qu’une récente étude de la Fondation Jean Jaurès précise que 53% des Français souffrent de fatigue informationnelle. Également, que face à la saturation d’info, 72% des Français cessent de s’informer.

Cette surproduction des contenus aggrave l’empreinte énergétique du web, surcharge les internautes et malmène le communicant ainsi que le sens qu’il peut attacher à son travail.

Dans un contexte d’obésité informationnelle, l’approche par la sobriété éditoriale questionne le problème à ses origines.

En considérant le besoin, elle évalue l’intérêt d’un contenu au regard de son utilité pour le public et de son efficacité pour la communication de l’organisme.

Ralentir sa production de contenus, piloter leur cycle de vie, questionner l’efficacité et l’utilité de sa stratégie de publication, choisir le format le moins énergivore tout en préservant une expérience de qualité pour l’usager sont autant de bonnes pratiques à déployer pour, enfin, mettre en œuvre une communication responsable.

Voici l’objectif du livre Sobriété éditoriale : 50 bonnes pratiques pour écoconcevoir vos contenus web : améliorer l’utilité et l’efficacité de vos contenus.

Dans cet ouvrage, chaque bonne pratique est présentée sous la forme d’une fiche, illustrée si possible d’un exemple, et de recommandations de mise en place.

Il est associé à une liste de 50 règles. L’ensemble constitue un référentiel pour évaluer la maturité d’un site en sobriété éditoriale.

Toutes les informations sur le livre et sur le référentiel sont disponibles sur le site www.sobriete-editoriale.fr.

Lire l’article sobriété éditoriale : 6 grands principes.

Et tes clients, comment les convaincs-tu ?

Aujourd’hui, les entreprises, en plus une vocation de profit économique, sont attendues sur leurs engagements environnementaux et sociétaux Intégrer une approche de sobriété d’écoconception de leurs outils de communication les interpelle.

C’est à ceux-là que je m’adresse et ce sont celles qui viennent à moi. Car je préfère m’adresser à des entreprises mûres sur le sujet et désireuses de transformer les choses plus que m’époumoner à convaincre des récalcitrants 😉 Le gain est évident : attirer et fidéliser des collaborateurs, mieux collaborer avec les partenaires, répondre aux attentes des clients.

Quelques questions sur la stratégie de contenu web …

Tout d’abord, explique-nous la stratégie de contenu web…

La stratégie de contenus sur le web consiste à publier régulièrement des informations pour susciter des visites sur son site, dans le but d’attirer des prospects et de les transformer en clients. Elle répond à un double enjeu :

  • Interpeller son public avec des contenus suffisamment adaptés pour tisser un premier contact fructueux,
  • Rassurer le client qui souhaite en savoir plus sur la structure,
  • Servir les intérêts de l’entreprise, en restant au service du public.

Comment mettre en place une bonne stratégie de contenu web ?

Aujourd’hui, à notre époque caractérisée par l’obésité informationnelle et la pollution numérique, je ne m’appuie plus sur les mêmes ressorts qu’il y a quelques années.

On a été biberonnés au calendrier éditorial, avec une thématique à poster par jour, etc. Ce modèle me semble totalement obsolète, et ce pour les raisons évoquées plus haut.

  • Aujourd’hui, il m’apparaît important d’asseoir le socle de sa communication numérique sur un site web performant.
  • Bien sûr, donner de l’ampleur au contenu diffusé et souligner ses valeurs via les réseaux sociaux fait partie de la démarche. Ceci dit, j’incite à la parcimonie. Aujourd’hui, il est facile de multiplier les formats et les plateformes. Mais pour quel intérêt ?

L’objectif est de se centrer sur les plateformes qui marchent au regard de son public.

En gardant à l’esprit que les réseaux sociaux peuvent vraiment être des instruments qui polluent mentalement et énergétiquement parlant, qui font intervenir les travailleurs du clic, qui collectent des données personnelles sans vergogne. Bref, nous voilà loin d’un système vertueux et éthique.

Pour aller, plus loin : Pour une éthique des contenus

Aussi, il est important de questionner l’usage des réseaux sociaux au lieu de le systématiser. Je salue les initiatives de marques, telles que Lush, qui a décidé de quitter les réseaux sociaux.

Bien sûr, c’est une marque reconnue qui a pu se permettre cette action. Que faire en lancement de projet ou autres ? Je n’ai pas de solutions immédiates. J’ai bien aimé la vidéo de l’événement Reboot sur la communication responsable qui souligne ce dilemme : « Réseaux sociaux le dilemme. »

  • D’après moi, la newsletter reste également un format intéressant pour garder le lien direct. Avec une attention portée à sa fréquence de diffusion et au poids de cette newsletter. C’est le meilleur moyen d’être en contact avec sa communauté en restant affranchi de la dictature algorithmique.

Quels sont pour toi les facteurs clés de succès pour une stratégie de contenu web réussie ?

Si je réfléchis aux entreprises que j’accompagne, qui sont positionnées dans des secteurs généralement de niche et avant-gardistes, le succès viendrait de contribuer à transformer les croyances et à « populariser » leurs innovations de manière plus large ! Vaste programme qui se mesure à long terme.

Un autre point clé est dans la stratégie de contenu est bien sûr de piloter le cycle de vie de son contenu. C’est-à-dire dès sa création de planifier sa diffusion, son recyclage (en posts réseaux sociaux, par exemple), sa mise à jour voire sa fin de vie. Entretenir ce patrimoine éditorial est un élément important pour bénéficier d’un site performant.

Aujourd’hui, il y a une réflexion à mener sur les indicateurs de mesure. Nous avons tendance, et c’est bien normal à nous centrer sur des indicateurs de mesure quantitatifs. Aujourd’hui, on pourrait imaginer une réussite qui prendrait en compte, le nombre de contenus supprimés, le nombre de contenus mis à jour, et pourquoi pas de le corréler avec l’impact de ses posts. Cela pourrait limiter des ardeurs !

Peux-tu nous donner quelques astuces pour recycler ses contenus ?

C’est une pratique que je fais régulièrement, notamment avec la charte éditoriale que je mets à jour chaque année sur la même url. [Consultez la dernière charte éditoriale en 2023]

Je regarde d’abord les articles les plus lus dans mon outil d’analyse et de suivi Plausible.

  • je les mets à jour et les améliore
  • je revois éventuellement leur angle
  • je retravaille aussi leur metadescrition et leurs titres.
  • je construis plusieurs posts réseaux sociaux (environ 5/article)
  • je distille les posts au long de l’année. Ce qui permet d’utiliser un contenu de manière pérenne.
  • Et bien sûr, je supprime les contenus obsolètes.

Quelques questions sur la rédaction web …

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes rédacteurs web ? Quelles sont les principales qualités et compétences qu’un rédacteur web doit absolument avoir ?

Je préfère répondre aux deux questions en même temps.

  • Ne pas céder à la tentation d’écrire pour se faire plaisir ou pour flatter son client/boss, mais réellement écrire un contenu à valeur ajoutée pour l’internaute. C’est compliqué parfois de tenir tête à un directeur pour lui expliquer qu’un contenu égocentré ne séduira pas le lecteur.
    Il s’agit vraiment d’être humble dans son écriture et au service.
  • Préférer ranger sa plume ou son clavier plutôt que d’écrire des réflexions déjà publiées par d’autres par ailleurs. Une sorte d’impératif catégorique : ne pas contribuer à la surabondance de contenus insipides sur le web.
  • S’exercer en continu à la relecture. Car c’est là que tout se joue, notamment lorsque l’on a un format contraint de temps. Il faut toujours garder un œil critique sur sa production et ne pas s’attacher de manière affective à son texte : répond-il aux besoins du public, lui sera-t-il utile ? Cette forme d’autocritique n’est pas simple, elle est néanmoins primordiale. Elle demande d’avoir beaucoup de distance avec ses écrits et de placer son écriture au service de l’utilisateur. L’écriture de l’égo n’a donc pas ici sa place.

Autre chose pour la fin ?

En parallèle de la sobriété éditoriale, je réfléchis à réduire mon empreinte énergétique web. J’ai adopté dernièrement une transition numérique.

L’objectif pour moi est

  • Éviter Google au maximum, car cette plateforme ne respecte aucune éthique ni protection de la vie privée. Je n’ai rien à cacher, mais je refuse que mes données soient utilisées de la sorte.
  • Choisir des outils les plus responsables énergétiquement possibles

Aussi, j’ai migré mon site sur Infomaniak, hébergeur aux data centers écologiques qui utilisent de l’énergie renouvelable. Ce qui me permet d’utiliser le service de gestion des contacts et de l’agenda ainsi que le système de transfert Swiss Transfer.

J’utilise Plausible comme outil de suivi au lieu de Google Analytics : il n’y a plus de nécessité d’avoir des cookies sur mon site 🙂 et le suivi respecte la vie privée des utilisateurs.

Je navigue via Firefox et DucDuckGo. Sur Qwant, les résultats sont, pour l’instant,  trop difficiles à trouver.

À titre perso, j’utilise Signal au lieu de What’s Ap et Protonmail en messagerie perso. Comme cela, je respecte aussi la confidentialité de mes contacts.

Pour l’instant, je n’ai pas trouvé d’alternative à LinkedIn.
Retrouvons-nous sur ce réseau pour échanger en attendant mieux 
!

La transition numérique est possible, il est temps de s’en emparer. Comme le souligne RESET, il est temps de créer le numérique que nous voulons 🙂

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6 réflexions au sujet de « Interview Ferréole, consultante éditoriale »

  1. Parcours très intéressant.
    Des petites coquilles :
    – “d’arriver à 10 km/h”
    – “il faut se démarquer du top plein”

  2. Je suis d’accord avec Ferréole, il faut arriver à publier les contenus au bon moment et au bon endroit (réseaux sociaux, blogs). Mais dans le domaine du tourisme, il n’est pas évident de se démarquer des autres concurrents, car les nouvelles pratiques vont vite, et même en faisant une veille active, il n’est pas facile d’obtenir de bons résultats.

  3. La mise en place d’une stratégie de contenu est parfois difficile car certaines entreprises elles-mêmes ne connaissent pas vraiment leur audience qui n’a pas nécessairement le même profil ou les mêmes comportements que leurs clients “classiques”. C’est là je trouve une partie importante de la dimension webmarketing lorsque l’on rédige régulièrement pour un site web : savoir conseiller, savoir orienter son client, être force de proposition.
    Merci pour cet article (qui date un peu, mais content more than ever king !) et merci pour les conseils Ferréole.

  4. En tant que professionnel du domaine numérique, j’ai trouvé l’interview de Férréole très instructive. Sa vision de l’importance du contenu de qualité pour le SEO est en parfaite adéquation avec ma philosophie. De plus, son conseil sur la formation continue dans le domaine du SEO est précieux, car c’est un domaine en constante évolution. Merci pour ce partage d’expertise

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