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L’auto-entreprenariat : la ruée vers la liberté ?

Lorsque je me suis lancée à mon compte il y a deux ans, je dois bien reconnaître que je ne connaissais rien à l’entreprenariat. Néanmoins, il ne m’aura fallu qu’un petit quart d’heure pour créer mon auto-entreprise depuis mon vieil ordinateur portable. Quinze petites minutes qui ont marqué le début de ma liberté professionnelle.

Deux ans plus tard, je m’estime chanceuse (bien que la chance n’est rien à faire là-dedans) de pouvoir être là, à vous écrire ces quelques mots. Cela signifie que j’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé lorsque j’ai pris la (grande) décision de quitter mon emploi salarié.

Malgré tout, la vie d’auto-entrepreneur est loin d’être un long fleuve tranquille et – contrairement à l’image qui est largement véhiculée – devenir son propre patron n’est pas forcément synonyme d’épanouissement, de bonheur ou même de liberté. Sujet du jour : quels sont les inconvénients de l’auto-entreprenariat dont on ne parle pas assez souvent ?

Le régime auto-entrepreneur

Commençons par le sujet qui fâche. Pour la petite histoire, je n’en suis pas réellement à ma première entreprise. Quelques mois avant de me lancer dans la rédaction web, j’avais créé une première micro-entreprise.

À l’époque, j’étais “agent petite enfance” et je croyais avoir trouvé le bon filon : travailler sous le régime auto-entrepreneur et être payé 14 € de l’heure pour garder des enfants. C’était un peu le Uber Eats version assistante maternelle voyez-vous.

La jeune femme crédule que j’étais, pensait avoir trouvé LE job de ses rêves. Choisir ses clients, être payé le double de ses emplois précédents, être sa propre patronne. Oui mais.

Parce qu’il y a forcément un “mais.”

Premièrement, l’agence qui proposait ce service ne m’avait expliqué que vaguement le principe de la micro-entreprise. Ils s’étaient d’ailleurs chargés de toute la partie administrative. La seule chose qu’ils m’avaient demandé : “tu préfères régler les cotisations sociales mensuellement ou trimestriellement ?

L’un ou l’autre, peu importe. “C’est quoi les cotisations sociales d’abord ?” Pour faire court, durant les 4 ou 5 mois durant lesquels j’ai exercé ce travail, je n’ai jamais déclaré un seul de mes revenus.

En fait, je n’avais même pas créé de compte personnel à l’URSSAF, je n’avais tout simplement pas compris que je devais verser un bon tiers de mon chiffre d’affaires (que je considérais tout bonnement comme mon salaire) à l’État tous les mois. L’agence avec laquelle j’étais en contact c’était bien gardé de m’expliquer clairement les démarches à suivre. Ça, c’est une autre histoire.

Par ailleurs, ne vous inquiétez pas, en bonne citoyenne que je suis, j’ai depuis réglé mes dettes qui ne s’élevait qu’à quelques centaines d’euros (tout de même).

Ce que je veux dire par là, c’est que :

  1. C’était clairement loin d’être un bon filon.
  1. Si le statut d’auto-entrepreneur permet à n’importe qui de créer une entreprise et de se lancer à son compte en l’espace d’une demi-journée seulement, il ne faut pas négliger tous les autres aspects de ce statut juridique.

Les inconvénients du statut auto-entrepreneur

Je me souviens d’avoir assisté il y a quelques mois à un débat très intéressant sur mon feed Instagram. Il opposait une maman entrepreneuse à une internaute salariée. Cette dernière déclarant que l’”on n’avait pas tous la chance de pouvoir choisir ses horaires de travail.” 

C’est un raccourci qui est très vite fait dans l’esprit des personnes qui n’ont jamais entrepris. Souvent, on idéalise l’entreprenariat en s’imaginant sirotant des cocktails sur une plage paradisiaque à l’autre bout du monde pendant que l’argent rentre presque par magie sur notre compte en banque. Ok,  j’exagère peut-être un peu (encore que).

En tout cas, on s’est déjà tous dit que ce serait génial de pouvoir travailler où l’on veut, quand on veut, comme on veut et avec qui on veut. Certes.

En revanche, il y a une notion que l’on oublie assez vite : si être son propre patron est ce qui pousse les gens à se mettre à leur compte, c’est aussi ce qui vous causera vos plus grands moments d’anxiété. La crise du Coronavirus que nous traversons en est un bel exemple. Parce que, oui, ce qu’il ne faut pas oublier avec le statut d’auto-entrepreneur c’est que :

  • vous ne cotisez pas à l’assurance chômage ;
  • vous n’avez pas congés payés, de congés maladie ;
  • c’est à vous de payer votre mutuelle santé EN PLUS de vos cotisations sociales ;
  • votre chiffre d’affaires est plafonné ;
  • vous ne pouvez pas déduire vos frais de fonctionnement ;
  • vos cotisations sociales et vos impôts sont calculés sur le CA de votre entreprise et non sur les bénéfices ;
  • la TVA n’est pas déductible de vos impôts.

En tant que rédacteur.rice web, certains de ses inconvénients n’auront pas de grosses incidences sur votre activité. En tout cas, à moindre mesure.

Par exemple, en ce qui me concerne, j’utilise des outils en ligne payants pour mon travail. Je les paie de ma poche. Malgré tout, cela reste un choix de ma part. Je pourrais parfaitement m’en passer et ainsi ne rien investir dans mon activité. Nous ne sommes jamais assez productifs.

En revanche, je ne peux décemment pas me passer de mutuelle santé. De même que si je veux pouvoir profiter de mes vacances cet été, il ne tient qu’à moi d’économiser le reste de l’année pour compenser ma perte de chiffre d’affaires. (L’entrepreneuse en moi espère notamment pouvoir se dégager des revenus passifs d’ici quelque temps.)

Si vous êtes une femme, il est également bon de se renseigner sur les modalités qui régissent vos droits au congé maternité. En effet, j’en ai fait la douloureuse expérience l’année dernière. Non seulement j’ai été dans l’obligation de stopper mon activité durant 54 jours (ou 56 je ne sais plus exactement) en échange de 5 €/j. (Je vous laisse le loisir de faire le calcul.) Mais j’ai également été contrainte de m’asseoir sur le restant de mon congé afin de basculer sur mes droits au chômage. (Bah ouai, histoire de pouvoir vivre décemment.)

Ce que je veux dire par là, c’est qu’être son propre patron c’est aussi avoir conscience que tout ne dépend plus que de vous. Vous êtes entièrement responsable de votre réussite. 

Loin de moi l’idée de vous décourager. En réalité, ce sont des choses basiques que j’aurais aimé savoir avant de me lancer. Cela n’aura en rien entaché mon désir de me lancer dans cette folle aventure qu’est l’entreprenariat, en revanche, cela m’aurait permis d’y être mieux préparé. Toujours envie de devenir rédacteur web ? Retrouve le mode d’emploi.

En attendant, j’espère que vous aurez passé un bon moment en ma compagnie et j’attends avec impatience vos retours d’expériences. Quels sont les aspects de l’entreprenariat que vous auriez aimé connaître avant de créer votre entreprise ?

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3 réflexions au sujet de « L’auto-entreprenariat : la ruée vers la liberté ? »

  1. En fin de compte, on considère l’autoentrepreneur comme un statut social alors que ce n’est qu’un statut de société.

    Si on prends les fondamentaux, on peut au maximum se payer 2000 euros par mois avec les charges, c’est parfois plus que des emplois de cadre SEO que l’on m’a proposé !!

    Cependant pour la liberté, on remplace le patron par les clients. D’où l’importance de bosser avec des gens avec qui on a envie de bosser (et d’aider à avancer) par une bonne segmentation dans la prospection.

    Enfin il faut différencier à mon avis l’artisan qui donne son temps et ses compétences en échange d’un montant financier et l’entrepreneur, qui cherche avant tout mettre en place des “business” duquel il peut se défaire en terme de temps.

    Mais d’après les chiffres officiel, et si on fait des calculs rationnels, on s’aperçois que moins de 5% d’autoentrepreneurs sont capables de se payer un salaire de 1700 par mois qui est le salaire bas médian en France, ce qui pose effectivement une grande question sur ce statut dans la précarisation.

  2. Attention cependant à la charge mentale qui peut être une contre partie de cette liberté… L’auto entrepreneuriat ne convient malheureusement pas à tous les caractères…

  3. Bonjour,
    Dans ce contexte particulier et inédit, l’envie d’entreprendre est loin de quitter les porteurs de projets. Au contraire, tout les incite à vouloir créer leur entreprise pour pouvoir se créer un emploi.
    Merci pour votre article.

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