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Mettez-vous au vert avec les moteurs de recherche éco-responsables

Mettez-vous au vert avec les moteurs de recherche éco-responsables

7g d’émission de gaz à effet de serre. Ce serait le coût environnemental d’une requête sur Google. Multipliez cela par les quelques 4,8 millions de requêtes par minute sur le moteur de recherche le plus utilisé au monde, et vous comprendrez l’impact environnemental que peuvent avoir vos demandes sur internet.

Pour réduire cette pollution digitale virtuelle mais aux effets bien réels, des moteurs de recherche éco-responsables et éthiques ont vu le jour depuis quelques années. Quels sont ces moteurs « verts » ? Comment fonctionnent-ils ? Leur impact est-il vraiment neutre ? Et pour le référencement ça se passe comment ? Petit tour d’horizon de ces moteurs alternatifs.

Qu’est-ce qu’un moteur de recherche écologique ?

Qu’est-ce qu’un moteur de recherche écologique ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques définitions s’imposent car il existe deux grandes familles de moteurs alternatifs :

  • les moteurs de recherche éthiques, comme Qwant, qui visent en priorité à préserver vos données privées et à ne pas les utiliser à des fins commerciales comme le font Google ou Bing ;
  • les moteurs écologiques (ou éco-responsables) qui utilisent les ressources générées par les recherches des internautes pour financer des projets sociétaux et/ou environnementaux, ou aider des associations engagées (lutte contre la déforestation, la préservation d’espèces animales, soutenir des personnes en difficultés…).

Tous les moteurs écologiques ne sont pas forcément éthiques. Mais de façon générale les entreprises derrière ces moteurs (Ecosia, Lilo, ou encore Ecogine) sont véritablement engagées dans un cercle vertueux : pas d’optimisation fiscale, une charte RSE, une gouvernance équitable, compensation carbone…

L’impact environnemental des moteurs de recherche comme Google

L’impact environnemental des moteurs de recherche comme Google

Effectuer une recherche sur internet, c’est poser une question en tapant des mots clés et attendre d’avoir des réponses. C’est de la transmission d’informations à double sens. Les réponses viennent de gigantesques data centers installés dans le monde entier. Pour fonctionner correctement ils doivent être alimentés 24h/24 en électricité, et climatisés (avec de l’eau) pour éviter de surchauffer. Les chiffres ne sont pas toujours très clairs quant à la consommation énergétique de Google dans le monde.

Selon Planetoscope , la firme de Mountain View consommerait 2,3 milliards de kW/an. Et même si Google communique largement depuis plusieurs années sur sa neutralité carbone à horizon 2030, cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne va utiliser que de l’énergie verte pour faire fonctionner ses serveurs car c’est impossible. La firme va donc chercher à « compenser sa dette carbone », une dette qui n’a pas finie de croître avec le développement des clouds et de l’IA, grande consommatrice d’énergie ! Quant aux 16 milliards de litres d’eau utilisés aux Etats-Unis pour refroidir ses serveurs, difficile de dire comment Google va les compenser… Alors est-ce que les moteurs écolos font mieux ?

Comment fonctionnent les moteurs de recherche éco-responsables ?

Comment fonctionnent les moteurs de recherche éco-responsables ?

Là encore, il convient de faire un point de vocabulaire. Pour être précis, il faudrait plutôt parler de « métamoteurs éco-responsables ». En effet Lilo, Ecosia ou encore Ecogine n’utilisent pas la même technologie que Google mais puisent leurs informations grâce à des API (interfaces de programmation d’application) sur plusieurs moteurs existants comme Google ou Bing. Là vous allez sans doute penser « ben alors à quoi ça sert si pour finir on utilise Google mais sans le savoir ? ». Et dans un sens vous n’aurez pas totalement tort, car en plus votre requête générera également une consommation d’énergie au moment de l’envoi et de la réponse que vous obtiendrez. Mais la différence entre « moteur classique » et « moteur écologique » se situe ailleurs, notamment par l’utilisation des profits générés.

Petit rappel des faits. Sur Google vous connaissez déjà les annonces sponsorisées (ou liens commerciaux) via Google Ads et leurs différents formats qui fonctionnent avec un système d’enchères. Ce sont les annonceurs qui payent pour que leur site apparaisse sous forme d’annonce (donc plus visible). Chaque internaute qui clique ensuite sur cette annonce générera un revenu de quelques centimes d’euros, et donc des profits. Dans le cas d’un moteur de recherche écologique, les profits doivent avant tout servir à améliorer son empreinte carbone, et à financer par exemple des projets éthiques (environnementaux et/ou sociétaux) à impact positif, le tout étant parfaitement transparent pour les utilisateurs du moteur. Alors à la question est-ce vraiment utile d’utiliser une moteur de recherche écolo, la réponse est « oui ». Car même si votre requête aura toujours un impact écologique et bilan carbone, celui-ci pourra être réduit autrement.

Sélection de quelques moteurs de recherches éco-responsables 

Sélection de quelques moteurs de recherches éco-responsables 

Même si Google communique facilement sur sa neutralité carbone, sur les nouveaux matériaux « plus sains » utilisés pour ses bureaux et le premier data center à posséder sa propre centrale solaire, il reste plutôt muet sur les profits et leur éventuelle utilisation dans des actions à forte valeur ajoutée environnementale. En utilisant un moteur de recherche écologique, vous savez dans quoi sont investis les profits, voire, c’est vous qui décidez car chaque moteur a ses spécificités :

Ecogine

Honneur aux anciens – et petit cocorico au passage – car Ecogine est l’un des plus anciens métamoteurs de recherche français. Fondé en 2008 par 3 étudiants de Polytech Nantes, il doit son nom à la contraction de « Ecological Search Engine » (« moteur de recherche écologique »). On ne peut pas faire plus clair.

Ecogine utilise les résultats de Google qui lui reverse environ les ¾ des revenus générés par la pub. Environ 70% des bénéfices que l’association « Pour les enfants du Pays de Beleyme » (car il s’agit d’une association de bénévoles et non d’une société) touche est utilisée pour financer des projets solidaires ou environnementaux (biodiversité, protection animale…). Ce sont d’ailleurs les utilisateurs d’Ecogine qui, une à deux fois par an, votent pour l’association qui va bénéficier de ces dons. Une autre partie des recettes est versée à un organisme de compensation pour la neutralité carbone.

Côté hébergement, et donc serveurs, Ecogine utilise Infomaniak, un cloud éthique qui utilise de l’électricité 100% d’origine renouvelable et dont les datacenters ne sont pas climatisés mais ventilés naturellement.

Côté interface utilisateurs, dès que vous effectuez une recherche, vous verrez en haut de votre écran une icône en forme de feuille qui vous indiquera votre nombre de recherches et leur équivalence en grammes de CO2 compensés.

Lilo

Ça pourrait être le nom d’un mignon personnage de dessin animé. Mais en réalité « Lilo » signifie « généreux » en hawaïen. Fondée en France en 2015 par 2 ingénieurs, Lilo n’est pas une association mais une entreprise qui distribue 80% de ses bénéfices à des associations environnementales ou sociales. Contrairement à Ecogine, c’est l’internaute qui choisit s’il préfère protéger les ours en France, réaliser les rêves des enfants malades ou encore aider Médecins du Monde. Car les projets à soutenir son très nombreux.

Alors qu’ Ecogine n’est adossé qu’à Google pour fournir ses résultats (et collecter les revenus publicitaires), Lilo s’appuie également sur Bing. A chaque recherche, vous cumulez des gouttes d’eau (clin d’œil aux «petites gouttes d’eau qui font les grandes rivières 😉). Le nombre de gouttes s’affiche en haut à droite sur l’écran. Il vous suffit ensuite de « distribuer » vos gouttes d’eau à l’association (ou aux associations) que vous voulez soutenir.

A la fois simple et presque ludique, Lilo est aussi utile. Depuis sa création, plus de 5,2 millions d’euros ont déjà été collectés. Il semble que le proverbe de la grande rivière soit vrai. Au volet écologique s’ajoute un volet éthique, car Lilo ne collecte pas vos données personnelles et respecte votre vie privée.

Engagée dans une véritable démarche écologique, Lilo n’est pas qu’un moteur de recherche. La société a développé tout un écosystème éco-responsable pour proposer une autre utilisation d’internet avec un portail qui vous permet d’acheter sur des sites partenaires et d’y cumuler également des gouttes d’eau (Lilo Achats Solidaires[AP6] ), un site marchands de produits éco-responsables (Shopetic pour Lilo), un forfait mobile solidaire qui transforme les gigas consommés en dons (Source Mobile) ainsi qu’une boîte mail qui protège vos données (Mailo pour Lilo) !

Seule ombre au tableau, l’hébergement de ses serveurs chez OVH et Online. Un hébergement certes français mais pas vraiment neutre en carbone, raison pour laquelle Lilo, comme Engine, a choisi de compenser en finançant directement un programme de fours écologiques au Malawi.

Ecosia

Créé à Berlin en 2009, c’est le plus connu des moteurs de recherche écolos. Plutôt que de collecter des gouttes d’eau, Ecosia a choisi d’œuvrer pour la reforestation et de planter des arbres aux quatre coins de la planète.

L’association Ecosia revendique environ 20 millions d’utilisateurs dans le monde, le plaçant sur la première place du podium des moteurs « verts » en termes d’utilisateurs. Grâce à eux, près de 200 millions d’arbres ont pu être plantés. Pour info, une seule requête ne permet pas de planter un arbre. Il en faut environ 45 (une barre de progression surmontée d’un arbre est visible en haut à droite de l’écran et vous indique où vous en êtes jusqu’à ce qu’un arbre soit planté).

En plus du petit compteur d’arbres, Ecosia affiche à côté de chaque site affichés sur ses pages de résultats une autre icône : en forme d’arbre si l’entreprise derrière le site est respectueuse de l’environnement, une en forme d’usine marron qui crache de la fumée pour les « pollueurs ». Faites le test avec Total Energy…C’est assez binaire, mais à vous de voir si cela peut modifier votre comportement lors d’une recherche sur internet.

Comme Lilo et Ecogine, ces revenus proviennent des publicités mais uniquement depuis Bing, son partenaire, et donc pas Google ou Yahoo. A noter aussi qu’un onglet vous permet d’accéder à Ecosia Chat, un chatbot dopé à l’intelligence artificielle (encore en version béta).

Pas de revente ou de stockage de données, rapports financiers accessibles à tous chaque mois, datacenter alimenté par des panneaux solaires, bilan carbone négatif…on s’approche de la perfection, si ce n’est que cette stratégie de compensation carbone n’est valable qu’à long terme car il faut du temps pour qu’un arbre pousse, et tous ne prendront pas forcément racine…

YouCare 

Créé en 2018 à Levallois-Perret, YouCare est le petit jeune des moteurs « engagés » dont les résultats proviennent Bing, comme Ecosia.

Comme pour les moteurs précédents, ce sont les revenus publicitaires qui sont reversés à des associations caritatives partenaires, à hauteur de 80%. Offrir des repas aux animaux des refuges, de l’eau potable aux populations défavorisées ou encore financer la recherche contre le cancer…les causes à aider sont variées, même si le point de départ est la défense de la cause animale. Chaque requête ajoute un petit cœur dans un compteur en haut à droite de votre écran. Par exemple 1 recherche peut financer 7 litres d’eau potable ou 3 cm2 de récifs coralliens, 45 recherches (soit environ 20 centimes d’euros selon YouCare) peuvent financer un repas pour un animal…Ensuite c’est à vous de choisir quelle cause vous souhaitez aider. Et pour attester des dons, des certificats de dons sont publiés chaque mois.

Enfin 100% des émissions carbone du moteur (dont les serveurs sont hébergés en France chez OVH) sont compensées en versant chaque mois de l’argent à l’association Eden Reforestation Projects pour la plantation d’arbres à travers le monde. Et ne vous inquiétez pas pour vos données, elles ne sont pas revendues et vos recherches sont chiffrées.

Comment référencer son site sur des moteurs de recherches éco-responsables ? Est-ce différent des pratiques sur Google ou Bing ?

Comment référencer son site sur des moteurs de recherches éco-responsables ?

Bonne nouvelle ! Ces métamoteurs n’ont pas d’algorithmes propres mais dépendent de Google, Bing ou Yahoo. Alors si vous choisissez YouCare, Lilo ou Ecosia, optimisez vos contenus et votre site comme vous le feriez pour Bing. Pour Ecogine, qui s’appuie sur les résultats de Google, pas de différence avec un site internet que vous souhaitez référencer correctement sur le géant du web.

Contenu de qualité, site techniquement parfait, backlinks, stratégie éditoriale multicanale, optimisation des images…ne changez pas vos bonnes habitudes !

Alors quel moteur de recherche est meilleur pour la planète ?

Alors quel moteur de recherche est meilleur pour la planète ?

Pour dire vrai, le meilleur moteur est celui que vous n’utiliserez pas. C’est un peu brutal mais c’est une réalité. Toute recherche sur internet, et toute activité numérique de façon générale, induit une consommation d’énergie, et donc l’émission de gaz à effet de serre : visionner une vidéo HD en streaming sur un smartphone consomme autant qu’un four électrique de 2000W à pleine puissance, envoyer un mail consomme 1Wh et plus s’il y a une pièce jointe (Rapport « Pour une sobriété numérique », The Shift Project, 2018). Et ces chiffres sont en constante augmentation.

Pour autant, il est quasi impossible aujourd’hui de ne pas utiliser internet. Une fois ce constat fait, vous pouvez néanmoins compenser vos activités digitales en utilisant l’un ou l’autre de ces moteurs. Tout va dépendre de ce qui compte pour vous : la pollution des océans, la cause animale, la déforestation…Si ces métamoteurs verts ne sont pas parfaits, ils ont au moins le mérite d’exister et d’agir concrètement en faveur de l’environnement, et c’est toujours mieux que de ne rien faire.

Et si cela ne vous suffit pas vous pouvez aussi adopter certains écogestes. Car il n’y a pas que baisser le chauffage d’1°C pour faire du bien à la planète : ajouter vos sites préférés en favoris ou indiquez l’adresse du site que vous cherchez dans la barre d’URL, cela réduit votre émission de GES de 35%, naviguez en Wifi ou en partage de données, ou effectuez vos recherches via une application plutôt qu’un navigateur, votre gain carbone sera d’environ 64%.

Naviguez plus responsable est possible, sans pour autant révolutionner vos habitudes. Moteurs de recherche « green », sobriété éditoriale si vous avez un blog, écogestes, sans oublier des solutions comme Greenspect or ou Frugrr  qui permettent de mesurer facilement et d’améliorer l’impact environnemental de votre site, de vos applications, voire de votre entreprise tout entière… Alors qu’allez-vous choisir ?

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