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Interview Ronan Boussicaud, community manager

granite-roseBonjour tout le monde ! Avez-vous passé un bon weekend? Moi j’ai découvert la côte de granite rose en Bretagne, vraiment très joli ce paysage offert par la nature ! Mais le weekend est fini, au boulot maintenant :)

Je vous propose de commencer cette nouvelle semaine avec cette interview de Ronan, community manager mais pas que … :) Vous verrez, Ronan est très bavard mais il raconte plein de choses intéressantes sur le métier du community manager, le social média, la communication de crise et le bad buzz. Le tout avec un filtre psycho/socio :)

Bonne lecture !

Questions sur Ronan …

Qui est Ronan Boussicaud?

ronanVannetais, passionné par les voyages, la psychologie, le sport, le cinéma asiatique et le web social (original hein !).

Un mec qui aime sortir avec ses amis, découvrir des horizons inexplorés, rencontrer de nouvelles personnes. Un caractère fort mais entier :)

Raconte-nous un peu ton parcours professionnel..

Issu d’un cursus littéraire, j’ai réalisé 4 années d’études en psychologie à Rennes avec une spécialisation en criminologie pendant mon master1. En 2009, j’ai décidé d’opérer un virage dans mes ambitions pour revenir à mon premier amour, la communication.

Comment es-tu tombé dans le community management ?

facebookEn 2010, lors de ma formation en com/marketing, j’ai pu réaliser un stage en Community Management, secteur qui m’intéressait et qui a confirmé ma volonté d’évoluer dans la webosphère.

Pour poursuivre sur cette voie, j’ai commencé à prendre le contrôle de page Facebook d’enseignes créés par des fans pour attirer l’attention d’agences de communication.

Après quelques mois, j’ai décidé de me mettre en freelance et travailler avec les agences qui avaient apprécié mon travail plutôt que de partir à Rungis où je venais d’être accepté pour un master en community management (l’une des premières formation dédiée à ce métier)

Quelles sont tes principales missions en tant que webmarketeur et community manager?

Mon travail consiste à accompagner les entreprises dans leur réflexion quant à leur stratégie pour se positionner sur internet (choix plateformes, contenus, moyens, timing) et les sensibiliser aux leviers marketing susceptibles de maximiser leur visibilité sur le web en vue d’atteindre leurs objectifs business.

Sur le volet webmarketing, je pilote les projets SEO et SEA (en binôme), je m’occupe des analyses des appels d’offres et de la formulation des propositions commerciales. Je rédige des préconisations et anime des ateliers clients en termes de stratégies de contenus, de stratégie de netlinking, d’applications mobiles, etc.

Sur le volet social media, je propose des plans d’actions, élaborer des pitchs, anime et modère les comptes sociaux des clients (avec de l’aide), organise des opérations ponctuelles (jeux-concours, RP blogueurs), confectionne des écosystèmes de veille, anime des conférences et formations.

Bref, je touche à beaucoup de leviers marketing, que ce soit en pré-vente ou en suivi client. C’est l’avantage d’être en agence :)

A quoi ressemble l’une de tes  journées type ?

couteau_suisseComme indiqué dans la réponse précédente, je suis un peu un couteau suisse. En ce sens, mes journées sont variées et s’articulent surtout en fonction des projets en cours et donc du planning.

Les premières heures sont souvent consacrées aux “daily stand-up” avec les collègues pour faire le point sur les avancées projets, à la gestion des mails, à la veille et aux réunions avec le/les chargé(s) de projet(s) et le responsable commercial. S’en suit le plus souvent les rendez-vous clients ou alors des travaux individuels comme des audits, benchmark, réflexions autour de l’animation des comptes sociaux clients.

L’après-midi, je m’occupe le plus souvent des actions liés aux référencement et au community management, toujours selon les projets. J’essaye de maximiser les échanges avec les créatifs et les marketeurs en fonction des tendances sectorielles et des objectifs clients. En fin de journée, je m’attelle régulièrement aux reportings et à la formulation des propositions commerciales, devis, etc.

Tu anime également des conférences  autour du community management et de l’e-réputation : quelles sont tes motivations ?

Je porte mon choix en priorité sur les salons/congrès qui traitent des thématiques qui me parlent avec des formats de conférences dynamiques. Ce qui m’attire le plus, c’est clairement l’ambition d’intéresser un public autour d’un axe stratégique qui me tient à cœur. Dès lors qu’un sujet nous intéresse, la passion prend le pas. Il est donc très agréable de prendre la parole.

Même si ces prises de paroles sont souvent courtes, élaborer un support qui puisse captiver l’audience (saupoudré d’actualité et d’humour) est toujours stimulant. Qui plus est, selon les profils des visiteurs, adapter son discours et être pédagogue est un exercice formateur. C’est toujours un challenge de se renouveler pour rendre compte de son travail, des dernières campagnes de marque et d’apporter des pistes de réflexion à des professionnels ou amateurs parfois un peu perdus.

Depuis 2013, je participe également avec la Team Digitale au Community Management de salons, où parfois je donne des conférences (comme le salon #ECP13 ou #ECP14). Il est toujours plaisant de rencontrer d’autres professionnels dans lors d’events (#RTSmondial à Genève, webdeuxconnect, SEOCampus, Google Academie, etc.). J’adore rencontrer IRL des contacts virtuels.

team-digitaleEn 2014, j’ai accepté de passer la vitesse supérieur en dispensant des cours pour l’école “Digital Campus” par le biais de modules traitant du community management et du webmarketing.

Ce que j’y gagne dans tout ça ? Des échanges, des prises de contacts, des opportunités !

Tu es responsable du blog « La Psyché du Web social ». Pourquoi ce nom ? Pourquoi ce blog ? Que pouvons-nous retrouver sur ton blog ?

Depuis 2010 et la naissance du blog My Community Manager, j’avais pris comme habitude de publier des articles liés aux médias sociaux et au community management avec un filtre psycho/socio.

Durant l’été 2011, je me suis décidé de franchir le pas en créant mon propre blog avec comme postulat de rapprocher des concepts psychologiques (sociaux et cognitifs) aux phénomènes du web social. Je souhaitais également revenir aux sens premiers des termes et des pratiques qui étaient omniprésents mais souvent galvaudées. Confronter le sens originel d’un terme aux usages actuels. Des mécaniques sociologiques qui en disent long sur le fonctionnement inconscient des internautes, ce qui peut intéresser les particuliers, les communiquants comme les entreprises.

La formation des rumeurs, le conformisme communautaire, l’influence digitale, la censure numérique, l’attention sélective, la concentration, les émotions virales, les partages sociaux, la justice, les stéréotypes des métiers du web …autant de thèmes abordés et décryptées sous l’angle psycho/socio.

Afin de matérialiser ce positionnement, j’ai choisis le nom “psyché” qui corrobore la part de notre inconscient régissant nos actions. Cette “âme” invisible qui joue un rôle prépondérant dans nos choix sur la toile.

Pour nourrir mes réflexions, je m’abreuve régulièrement autour d’ouvrages liés à la sociologie, aux mécaniques des foules, aux réflexes cognitifs, etc. Quelques idées si le cœur vous en dit :)

Même si je ne publie qu’un article par moi, je m’efforce de produire des analyses détaillées dans le but de creuser la thématique connue et rendre compte de phénomènes méconnus. Malgré les tonnes de lignes que j’inflige aux lecteurs (un brin sadique ?), je suis ravi de constater que les articles provoquent des réactions et des partagent.

articles-ronanSi je fais cela par pur plaisir, ce blog constitue avant tout de même une “tribune” pour être visible autour de thématiques et concepts qui peuvent intéresser tout le monde, même les médias. C’est d’ailleurs grâce à ces écrits que l’on m’a sollicité pour intervenir sur Europe 1 (la justice sur le web) et sur le Nouvel Observateur (le burn-out numérique).

Bref, une boite à idées, un calepin personnel mais surtout une opportunité d’exprimer mon point de vue.

Ton nom est connu (entre autres) pour avoir fait un joli buzz avec ta candidature spontanée : comment l’idée t’est elle venue ? Tes employeurs ont’ il été séduits ?

Marcel est une agence qui fait fantasmer beaucoup de jeunes talents et qui reçoit des dizaines de candidatures par jour. Pour attirer leur attention, je ne souhaitais pas me contenter d’une candidature “standard”. J’ai donc mis en place une “opération de communication” mettant en application directe les compétences mentionnées sur le CV pour prouver ma valeur.

Un des leviers principaux consistait à laisser la possibilité aux internautes de partager un message lié à ma candidature, mentionnant l’agence sur Twitter à chacun de ses partages. Tumblr et vidéos Vine créés pour l’occasion.. En quelques heures, des centaines de pairs me “recommandait” via Twitter et le président m’a mentionné pour me proposer un entretien. Après cela restait une candidature spontanée.

Ce genre d’initiative est autant encouragé que décriée dans le microcosme des professionnels du web. C’est donc avec un enthousiasme certain que j’ai lu les encouragements et les critiques. J’ai d’ailleurs pris la parole pour faire le point sur la question “jusqu’où est-on prêt à aller pour se faire recruter ?”. Question qui a intéressé des media comme France 3 ou des magazines liés au recrutement qui m’ont contacté pour des témoignages.

Qu’est-ce que t’aimes le plus et le moins dans ton métier ?

Le plus : le fait que rien ne soit figé et que tout se transforme en permanence. Outils, opérations, publicités… Cela nous force à repenser les stratégies et à se remettre en question. Un investissement du quotidien mais qui n’est pas dérangeant quand on aime ce que l’on fait et que l’on est curieux :)

Le moins : je dirais les critiques entre professionnels de la com et de la pub. Parfois, on entend des trucs assez gratinés sur des pairs, et même si cela peut-être justifié, cela donne  l’image d’un sac de crabes pour le monde extérieur. L’application mobile “Secret” qui buzz pas mal en ce moment exprime très bien cette mentalité.

Quelle est ta plus belle réussite ?

Hum…pas évident, j’hésite entre :

  • le fait d’avoir réussi un panier avec une flèche de nerf dans le bureau des créas…
  • avoir remporté le budget Laforet national

Quelles sont tes futurs projets ?

Je m’installe à Paris fin septembre pour travailler en agence. De nouveaux défis pour évoluer, me dépasser et être davantage disponible pour me rendre aux events, apéros et consolider mon réseau.

Le livre …

Tu es co-auteur du livre : Tout savoir sur… La marque face aux bad buzz ! Présente nous le livre et cette merveilleuse aventure.

tout-savoir-sur-la-marque-face-aux-bad-buzzJ’ai toujours apprécié lire des articles de fond. J’ai pour habitude de m’abonner spécifiquement aux créateurs de contenus, idéalement ceux qui vont au-delà des idées reçues.

Dans ce cadre, je ne manquais pas un seul billet d’Antoine Dupin, consultant digital, qui dans son défunt blog “Acta Diurna” décrivait avec un humour truculent les conseils les plus vils à dispenser à ses clients sur le digital.

Après plusieurs échanges, discussions et burgers IRL, j’ai pu lui confier mon engouement pour son travail. Par chance, il appréciait également le mien.

Face à l’engouement croissant autour des bad buzz, nous échangions souvent sur les causes, conséquences et réactions des marques. Et puis soudain, nous avons réalisé tous les 2 que la rédaction d’un ouvrage sur le sujet pouvait être une excellente idée. Et hop, l’aventure était lancée.

Pour ne pas nous mettre la pression, nous avons élaboré une plan type, avons désigné nos parties respectives et avons couché sur le papier (virtuel hein) nos idées. 6 mois après la rédaction des premières lignes, nous avons accepté l’offre de la maison d’éditions Kawa pour publier ce livre. En novembre 2012, les premiers exemplaires étaient disponibles sur Amazon et la promotion a débutée.

Que t’apporte aujourd’hui ce projet éditorial sur le plan pro et perso ?

Cet ouvrage est une véritable carte de visite qui m’alloue un certaine légitimité sur la thématique de la communication de crise. Dans ce cadre, j’ai été sollicité pour intervenir lors de conférences, débats et tables rondes pour apporter mon point de vue (Cantine Numérique, Time2marketing, etc.).

Presque 2 ans après sa publication, j’ai la chance d’être toujours contacté sur le sujet. J’ai notamment pour prendre la parole sur l’édition estivale du magazine CB News ou de publier un article dans l’édition 2014-2015 du livre “Internet Marketing” d’EBG.

Puis-je avoir un exemplaire dédicacé ?

Tout est possible. Il faut juste une adresse postale :)

Envisages-tu d’écrire d’autres livres ?

Pourquoi pas. Je dois avouer que l’idée m’a déjà traversé l’esprit. Dans mes douces pensées, j’imagine un livre “la psyché du web social”, why not :) Pour le moment, j’apprécie apporter ma contribution à certains ouvrages liés aux monde numérique, comme dernièrement pour l’ouvrage de Camille Jourdain “Tout savoir sur Twitter

La communication de crise et le bad buzz

Qu’est ce que c’est  une communication de crise et comment la mettre en place ?

Quand on parle de communication de crise, on évoque les actions mises en place par l’entreprise mise en cause pour s’expliquer, s’excuser ou faire du bruit dans le but de dissiper les critiques et d’éclaircir une situation qui n’est pas en leur faveur. En réalité, la communication de crise exprime une multiplicité de facteurs (s’agit-il d’erreurs de communications, d’un contexte sociétal subi, d’un boycott de fans, d’une campagne d’une ONG… ?)

(légende : la campagne de Greenpeace contre la compagnie pétroliere Shell et le fabriquant Lego en juillet  2014)

(Légende : la campagne de Greenpeace contre la compagnie pétroliere Shell et le fabriquant Lego en juillet 2014)

(légende : la campagne de Greenpeace contre la compagnie pétrolière Shell et le fabriquant Lego en juillet  2014)

En fonction des critiques, il faut systématiquement se poser la question de l’origine des blâmes. Une analyse du contenu, de l’émetteur et de la plate forme utilisée peut donner un premier indice des causes. Selon le degrés de vie de la crise, les responsables devront réaliser un état des lieux des discussions à ce sujet et faire un point sur l’e-réputation de la marque. Par ce biais, ils auront une idée du personas type du client mécontent, des principaux reproches et seront plus enclin à communiquer efficacement pour apporter des solutions adaptées, sur la bonne plateforme, etc.

Comment anticiper et comment gérer une crise, un bad buzz ?

Pour anticiper une crise, il est vivement conseillé de réaliser en amont une introspection en interne sur l’ADN de l’entreprise pour repérer les faiblesses, risques et critiques des produits, services, voire du marché. En lisant ces données, la société peut créer des tableaux dynamiques pour imaginer au préalable des scenarii de réponses type qui serviront de base pour être réactif. Bien entendu, il faut toujours personnaliser les messages.

As-tu des astuces pour éviter le bad buzz ?

Faire une veille continue pour repérer les signes avant-coureur, étouffer les rumeurs, éteindre les débuts d’incendie. Mieux vaut prévenir que guérir. Qui plus est, ces informations sont de réels bénéfices pour savoir comment améliorer ses offres, connaître ce que les clients désirent, etc.

Créer une charte numérique en interne, non pas pour interdire aux salariés d’utiliser les réseaux sociaux, mais pour les informer des enjeux et bonnes pratiques. Cela évitera des maladresses préjudiciables (on pense aux cas d’école Domino’s pizza et Fed-Ex).

Prendre en considération la “culture web du lol”. Une marque ne doit pas négliger la créativité foisonnante des communautés souterraines comme 4chan ou 9gag qui parodient et créent fréquemment des détournement qui constituent une galerie exploitable par les sites médias à grosses audiences. D’où l’importance d’être réactif pour que l’affaire soit rapidement close et donc moins sexy.

culture-webEtre transparent dans sa communication et ne pas chercher à tromper le consommateur. Supprimer des messages, laisser planer des doutes… Le consommateur peut être méfiant, mieux vaut ne pas lui donner raison.

Vivre avec son temps et ne pas chercher à mettre en pratique des tendances déjà obsolètes. Beaucoup de marques ont réalisé des lipdubs ou autres harlem shakes, etc. Attention à ne pas être ringard car ces tendances sont très éphémères. Les premiers qui ont le flair et la réactivité ont tout bon, les suivants quant à eux…

As-tu des idées pour créer un bon buzz ?

Mettre l’internaute au centre de la stratégie. Le consommateur aime participer et se sentir investi. C’est pourquoi les campagnes qui laissent l’internaute participer, donner son avis ou apporter sa pierre à l’édifice fonctionnent bien. Le hashtag centralise en ce sens parfaitement ces participations spontanées. Les trendings topics dictent la loi des tendances, même du jour. Les opérations comme #FailNoMore cristallisent bien ces procédés où l’internaute est invité à raconter des anecdotes ou imaginer des phrases chocs. Les meilleurs idées par la suite matérialisées sous de vidéos virales (Vine est parfait, comme pour l’opération 4G6S) avec des acteurs reconnus du secteur visé, comme par exemple les Youtubers du studio Bagel ou Golden Moustache. L’opération séduit souvent et les audiences touchées sont considérables.

Transformer les partages virtuels en actions concrètes dans le monde physique. Quoi de mieux que de de briser les frontières du virtuel et du réel en réalisant des actions à partir de la voix des “consom’acteurs”. Cela va des matchs de tennis réels à partir de simple tweet avec la campagne #Tweet&Shoot à la destruction d’une statut du King Joeffrey grâce aux tweets de milliers de fans de Game of Thrones avec la campagne #BringDownTheKing. Ces mécanismes cartonnent car ils répondent à des désirs ou des fantasmes de consommateurs, même inavoués. C’est pourquoi on demande aux prospects de tweeter le pouvoir qu’ils souhaiteraient avoir pour leur envoyer des dessins personnalisés ou que l’on suit des livestreems qui permettent d’interagir en temps réel avec des ambassadeurs de marque (opération #m4Gic pour noël)… Les idées ne manquent pas.

Créer une corrélation entre l’actualité et son ADN de marque. On parle beaucoup de “real time marketing” car cette formule s’inscrit dans un rapport à l’immédiateté qui s’impose dans l’animation de communautés. Mais pour recueillir les lauriers de la gloire et les retombées médiatiques, ce pré-requis exige  une vraie organisation entre termes de CM et de création. Néanmoins, lorsque l’on est en mesure de publier des visuels de qualité mettant en scène les produits de la marque, dotés d’une baseline percutante qui rappelle l’actualité, on se retrouve avec une recette très virale. Certaines opérations comme #Thelastselfie ont ainsi marqué les esprits avec de simples visuels d’animaux en voies d’extinction qui, publiées sur Snapchat, ont pris tout leur sens. D’autres, beaucoup plus spontanés ont rebondis ingénieusement sur des faits divers populaires (curly le fait beaucoup), voire carrément des publications d’autres marques (la parodie de Dorcel avec Micado par exemple). Trouver les bons mots au bon moment au bon endroit…tout un art.

publicitépub-dorcel

Être utile, humain et donner du plaisir (Breizh Cola qui débarque à Paris, bracelet connecté des festivals…)

Le Social Media …

Qu’est ce que c’est une Stratégie Social Média ?

C’est la base de tout positionnement et prise de parole sur les réseaux sociaux. Le choix des objectifs, des KPI, des cibles, des thèmes à suivre. Ce sont tous ces éléments qui déterminent les plateformes à utiliser et la manière de communiquer pour toucher ses cibles. Une analyse de marché, des besoins consommateurs et des tendances peuvent donner des pistes de réflexion sur la stratégie à adopter. Mais chaque stratégie social media est différente puisqu’elle est l’écho de l’identité de la société. Qui plus est, cette stratégie doit parfaitement s’intégrer à la stratégie de communication globale déjà existante de l’entreprise, car cela forme un tout cohérent. Devenir conversationnel est un donc un réel investissement.

L’idée n’est pas de venir en conquistador sur un réseau social, mais d’apporter du contenu utile et engagent pour devenir un référant dans le domaine visé. Prendre part aux discussions existantes plutôt que d’attendre que les internautes viennent par eux-mêmes. Dans les faits, les lancements se font souvent avec des budgets d’achat Media pour booster la visibilité. Sinon, la créativité paye souvent, et ce gratuitement, comme Burger King qui a imaginé le plus grand burger du monde communiquer sur le lancement de la marque sur Instagram.

Pourquoi utiliser les réseaux sociaux ? Comment choisir son réseau social ? Doit-on être présent partout ?

social-mediaLes réseaux sociaux sont la tête de gondole des plateformes sociales puisqu’ils sont devenus les principaux carrefours synergique de la toile. Or, il n’y a pas que les Facebook et autres Youtube pour prendre la parole.

Forums, groupes de discussions, sites de partage de photos, réseaux sociaux sectoriels, autant de possibilités selon leur pertinence avec le positionnement de la société.

Des lieux qui centralisent des échanges à forte valeur ajoutée pour la marque. Une manière de rencontrer en contact direct avec des leads et de mieux cerner leurs attentes.

Être présent sur ces plateformes pour toucher des audiences qui matchent avec notre cœur de cible est le meilleur moyen de s’assurer une visibilité vertueuse. Néanmoins, avec l’évolution des business model des réseaux sociaux, les annonceurs et agences doivent être exigeants et miser sur la qualité pour espérer avoir un reach satisfaisant. Jouer le jeu des contenus uniques et pas des lolcats en somme, ce qui n’est pas plus mal.

Mais si la marque à l’ambition de devenir un média à pat entière, elle ne doit pas mettre tous les œufs dans le même panier. En ce sens, les réseaux sociaux ne sont qu’une partie de la stratégie digitale. Ils ne sont que la partie la plus visible de l’iceberg, car le rouage ne fonctionne que chacun des éléments de l’écosystème soit à sa place : un site internet pertinent, un blog mis à jour, des campagnes ponctuelles et autres opérations de communications.

Les réseaux sociaux sont donc plus efficaces si la stratégie de communication est déjà opérante et structurée. Chaque plateforme correspond à un usage précis du consommateur lambda. En fonction de ses attentes et de ses habitudes, la marque pourra le toucher pour le séduire et le fidéliser.

C’est donc la stratégie qui définie les réseaux sociaux les plus adaptés pour atteindre ces objectifs. Des actions raisonnées issues d’une réflexion et non d’un réflexe, car être présent partout signifie souvent laisser certains comptes tomber en désuétude, ce qui ne fera pas honneur à l’image escomptée.

Pourquoi un Community Manager pour les entreprises ?

Même si l’on entend encore que le CM est apparu comme par enchantement, ces fonctions existaient du temps des IRC et des premiers forums. Ces modérateurs exprimaient déjà le besoin de modérer les discussions et de provoquer un engagement de la part des membres des communautés qu’ils suivaient.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, il est devenu capital pour les entreprises de faire appel à des professionnels puissent véhiculer les valeurs de la société sur le web social tout en prenant le pouls concernant les codes et besoins des consommateurs.

community-management

Si entre 2008 et 2012 le métier a été un pot-pourri de plusieurs métiers liés aux webmarketing, consulting, veille, planning strat, reporting ; les offres de CM sont encore très diverses. Le Community Manager est communément multicompétences, tantôt stratège, veilleur, animateur, modérateur, analyste, conférencier ou formateur… Néanmoins, la croissance du nombre de CM en France témoigne bien d’un réel besoin des entreprises d’être conseillées et accompagnés.

À mon sens, un CM efficace reste un CM qui est entouré, intégré dans les process et qui est en étroite collaboration avec les créatifs, les planeurs et les commerciaux pour formuler ses idées et les faire éclore. Il est loin de n’être qu’un simple stagiaire pour publier des posts ou y répondre comme on l’entend fréquemment..

Quels outils CM sont pour toi indispensables ?

Tout dépend des objectifs et indicateurs à suivre mais le cerveau reste le meilleur notre outil le plus précieux. Et quand on voit le temps de cerveau disponible de nos jours  ;)

Concernant l’animation pure, les réseaux sociaux sont adaptés mais il est souvent plus simple d’utiliser des dashboards comme Hootsuite ou Tweetdeck pour gagner du temps. Certains utiliseront des outils de planification mais je ne suis pas un grand fan de l’automatisation.

Pour la  Veille, je conseille socialshare, twitter, feedly et mention qui permettent de trouver des sources et informations sur son secteur d’activité rapidement. Idéal pour créer son écosystème de veille et dénicher facilement de la matière première à travailler.

Sur la partie reporting, au-delà des insights disponibles sur les plateformes natives, il existe pléthore d’outils hydriques qui apportent des rapports clairs et synthétiques, comme Crowdbooster, sprout social, topsy ou Allmy+.
Dans tous les cas, un smartphone semble être le device idéal pour conjuguer tous ces besoins n’importe quand, n’importe où (ça dépend de la connexion quand-même ^^)

Penses tu que les réseaux sociaux ont un réel impact sur le seo ?

Même s’il ne s’agit pas d’un impact direct, les partages facilitent les visites qui à leur tour contribuent à la popularité des pages, et donc à leur autorité sur les SERPS. Le SMO est d’ailleurs devenu un axe stratégique à part entière, comme je l’explique dans cette présentation.

Je suis de près les données analytics et les analyses SeeUrank/ahrefs pour suivre le trafic, les clics, les conversions et les backlinks provenant des réseaux sociaux.

Google+ avait une longueur d’avance avec ses microdonnées et rich snippets qui permettaient d’afficher des contenus enrichis sur les pages de résultats. Malheureusement, les choix de la société de supprimer la balise rel=”author” et d’évincer l’authorank (au profit d’une homogénéité des résultats naturels et payants) les empute de cette avantage.

Penses-tu que Google + dépassera le succès de Facebook ?

Au lancement de Google+, avec toute la ferveur, je restais dans l’expectative. Rapidement, de part mon usages et ceux des professionnels, je me suis dis que Google + serait toujours perçu comme un Facebook bis. Pourquoi changer ses habitudes ou poster en doublon ? Avec l’apparition des pages professionnelles et par la suite des groupes de discussions, je me suis remis à y croire brièvement. Néanmoins, à par l’utilisation des gifs animés et l’accès à des outils très pratiques (hangouts notamment), très peu de marques font du business avec cette interface.

Même si je crois en son potentiel, Facebook reste encore trop enraciné dans notre culture pour espérer un réel changement de cap. Et ce n’est pas la possibilité d’utiliser des pseudonymes qui changera la donne pour le réseau social made in Google.

Seul un changement drastique pourrait faire de Google + une valeur sur, car les internautes se détournent progressivement de la formule classique du réseau social pour s’amuser sur des applications mobiles plus permissives et proches de leurs intérêts (whatsapp, tinder, snapchat, jelly, secret, Line…)

Autre chose pour la fin ?

Un adage qui me tient particulièrement à cœur de Confucius :
“L’essentiel n’est pas de connaître les réponses mais de comprendre les questions.”

À méditer :)

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Interview Ronan Boussicaud, community manager, 5.0 out of 5 based on 11 ratings

6 réflexions au sujet de « Interview Ronan Boussicaud, community manager »

  1. Sûrement l’une des meilleures interviews jamais publiée sur ce site. Il y a dans tous les points abordés ici de quoi faire un mini-site internet sur le sujet SEO/SMO/SEA en 2014 ! Et les liens, très nombreux, permettent d’approfondir tout ce qui est présenté par Ronan Boussicaud, un monsieur qui gagne à être connu si ce n’est pas déjà le cas.
    Deux petits points relevés dans cet article : l’image (l’linclusion ?) vers la présentation Slideshare est manquante. Et deux fautes dans ce passage : “les empute de cette avantage”
    Bonne continuation, j’espère pouvoir lire d’autres interviews aussi exhaustives prochainement !

  2. Ah et bien merci Antoine, ce commentaire fait bien plaisir.
    Ravi de voir que la longueur ne vous ai pas effrayé et que le contenu vous est apparu utile.

    Au plaisir d’échanger ;)

  3. Sacré interview, je suis d’accord avec Antoine, le contenu vaut vraiment la peine d’être lu. Par contre nos opinions divergent au niveau de la conclusion sur Google+ . Je pense personnellement que Google plus marche très bien mais uniquement pour certains domaines (communication, webmestres, référencement …), Google+ c’est pour les entreprises qui fonctionnent en buisness to buisness. Personnellement j’en tire la plupart de mes visites sur mon site de référencement.

    Après c’est sûr que facebook et Twitter ont plus d’utilisateurs … mais je pense que cibler son réseau social est important et que Google+, pinterest, … ne sont pas à exclure de cela.

    A part cela je trouve l’interview magnifique, et vraiment enrichissante, merci pour le boulot fournis.

  4. Superbe interview ! Félicitations ! Professionnelle des Ressources Humaines, j’ai beaucoup de demandes de la part des entreprises et notamment des PME qui souhaitent avoir une stratégie sur le web mais ont raté le virage digital. Elles cherchent des personnes qui pourront développer leur chiffre d’affaire. Je me rends compte que souvent, ces petits entreprises se sont lancées sur les réseaux sociaux ou dans un site web sans aucun stratégie. Ces petites structures sont très intéressantes pour les jeunes diplômés qui y sont très polyvalents avec des missions diversifiées (animation de contenus, audit, référencement…). Le digital a de l’avenir !

  5. Est-ce qu’on peut affecter une e-réputation? Car je suis dans les bijoux artisanaux, mon affaire débute et pourtant je reçois beaucoup de mauvais commentaire, merci pour votre réponse

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